Léon Guinand

 

Voici un chronographe tout à fait exceptionnel à bien des égards.

Tout d’abord sa taille, alors que la grande majorité des chronographes ont un diamètre de plus ou moins 50 mm, celui-ci mesure la bagatelle de 60 mm, ce qui est, vous l'aurez compris, très peu courant.

 

 

 

Mais ce qui fait plus encore la rareté de cette montre, c'est que l'aiguille du chronographe effectue le tour du cadran non pas en une, mais en quatre minutes (brevet déposé en 1900).

En effet, on peut voir sur la graduation du cadran le chiffre 4 à 12 heures, le 1 à 3 heures, le 2 à 6 et le 3 à 9 heures.

Ceci est possible grâce à un astucieux mécanisme d'engrenage que mon horloger, pourtant rompu à l'exercice de rhabillage de montre de tout genre, m'a avoué n'avoir jamais vu... Ce mécanisme fût breveté par Léon Guinand en 1900.

 

 

Le compteur des minutes, quant à lui, est gradué sur 60 (de 4 en 4), alors que la plupart le sont sur 30.

 

 

Et voilà le mouvement, dont la platine supérieure recouvre quasiment intégralement la surface du calibre, ne comportant qu'une découpe autour du balancier. Le coq est vissé sur cette platine, plutôt que sur la platine inférieure comme c'est le cas dans l'immense majorité des mouvements de montres.

 

 

On peut voir ici le détail de la roue à colonne, du marteau de coeurs et du frein.

 

 

Et voici ce fameux système de bascule intermédiaire.

La roue de chronographe n'est pas directement engrainée par celle de la bascule, mais par une toute petite roue située en dessous de celle-ci, ce qui crée le décalage nécessaire pour obtenir un tour de cadran en 4 minutes.

 

 

La petite roue de compteur, qui ne possède que 15 dents (60 / 4).

 

 

Une autre vue du système d'engrenage, ou l'on voit très facilement la roue de bascule intermédiaire passer au dessus de la roue de chronographe, celle-ci étant au contact de la toute petite roue sous le pont de bascule.